5ème Ordre - Chevalier de l\'Aigle Blanc et Noir, Inspecteur du Rite - 8ème Grade

Chevalier Templier Kadosh de la Palestine

 

A.°. L.°. G.°. D.°. G.°. A.°. D.°. L’U.°.


GRAND CHAPITRE général

DE FRANCE DU RIT FRANCAIS

 

 

  

 

 

CHEVALIERS TEMPLIERS KADOSH

DE LA PALESTINE

 

 

 

5ème Ordre

 

 

1er Section

 

Suivant Manuscrit de 1737

 


 

CHEVALIERS TEMPLIERS K. DE LA PALESTINE

 

Ouverture de l'assemblée

 

La salle qui représente un des appartements de Godefroy de Bouillon est tendue de vert, à colonnes blanches, éclairée par un lustre qui porte neuf lumières ; un grand fauteuil sans dais à l'orient, exhaussé de trois marches ; à droite et à gauche il y en a d'autres pour les officiers dignitaires ; les simples Chevaliers sur des tabourets.

Le Maître des Cérémonies est placé devant le Commandeur représentant Godefroy qui commanda la première croisade. 

Les officiers dignitaires sont qualifiés du titre de Prince et les autres de celui de Chevalier.

Au milieu de la salle est un autel triangulaire avec trois marches ; à chaque angle de cet autel sont trois lampes à 1’esprit de vin ; au milieu est gravé sur une pierre à neuf angles.  DIEU.  LE.  VEUT.

Tous les Chevaliers sont armés de pied en cap, ceints d'une écharpe de soie blanche sur laquelle est une croix rouge bordée d’or.

 

Ouverture du Campement

 

Quand ils sont assemblés, Godefroy frappe neuf coups de son épée en terre, distants les uns des autres, et dit

 

 “Chevaliers, préparons-nous et concertons ensemble. Prince Maître des Cérémonies, assurez-vous des portes et si tous les aspirants sont initiés.”

 

Le Prince Maître des Cérémonies sort du campement, lors d’une réception tuile les aspirants, rentre dans campement puis répond au Commandeur.

 

Celui-ci s'en étant assuré, il continue par lui demander

D.        Le Temple de Zorobabel est-il détruit ?

R.        Oui, Commandeur.

D.        En a-t-on réédifié un autre ?

R.         Non, depuis longtemps les Lieux Saints sont abandonnés et le Temple est

            détruit.

D.        Nous allons travailler à le rétablir.

          Puis il fait le signe et l'assemblée est ouverte. (Main droite sur la Cœur, puis la lever au ciel et la ramener à l’épée.)

 

Réception des Chevaliers de la Palestine

 

          L’Expert conduit le candidat à la porte où il frappe et dit :

 

          Un gentilhomme maçon descendant d'Hiram, de la religion chrétienne, demande à être armé chevalier.

 

           ; ce qui est rendu au Commandeur et, après le consentement unanime, il ordonne de l'introduire et de le placer vis-à-vis de lui.

 

 

 

Introduction du récipiendaire

 

 

  Tous les assistants assis, on demande au récipiendaire

D.     Qui vous a engagé à vous présenter à nous ?

R.     Le désir d'être utile à l'Ordre.

D.      Vous sentez-vous capable de lui donner votre bras et vos biens mêmes pour

          l'exécution des ses projets.

R.      Oui.

D.      Comme nous sommes d'usage de n'admettre parmi nous que des Maçons

          descendant d'Hiram ou ceux qui participent aux mêmes connaissances, Prince

          Maître des Cérémonies, examinez l'aspirant pour voir s'il ne prend pas à tort

          cette qualité.

D.      Etes-vous Maçon ?

R.      Mes Frères et Compagnons me reconnaissent pour tel.

D.      Qui a donné origine à la Maçonnerie ?

R.      La construction du Temple par Salomon.

D.      Etes-vous Maître ?

R.      L'acacia m'est connu.

D.      Quel est l'ancien mot ?

R.      Jéhovah.

D.      Qui enterra Hiram Abif ?

R.      Jocabert

D.      Quels étaient les chefs des architectes ?

R.      Adonéram, Vazéchiel et Stolkin.

D.      Où déposa-t-on les devis et plans nécessaires à la construction de l'édifice?

R.      Dans la tombe d'Hiram.

D.      Quel tribut exigea le Roi Cyrus de Zorobabel en délivrant les Juifs ?

R.      Trois agneaux, cinq moutons et sept béliers qu'il envoyait prendre

         annuellement sous le portique du nouveau Temple.

D.      Existe-t-il encore ?

R.     Non.

 

(Nota bene.  Le candidat est tenu de savoir succinctement répondre à ces interrogations seul, sans quoi il ne peut être admis.

 

          Godefroy dit

D.      Puisque le Temple est détruit, promettez-vous de nous aider de tous vos

          pouvoirs à le réédifier et de consacrer dans le besoin tout ce qui vous appartient ?

R.       Je le promets.

 

          Alors Godefroy ordonne au Maître des Cérémonies de le faire avancer jusqu'à l'Autel par neuf pas, où il se met à genoux jusqu'à la troisième marche, la main droite étendue sur l'Evangile selon Saint Jean ; tous les Princes et Chevaliers s'approchent et le Général lui fait faire ses vœux.

  

Voeux

 

“Je jure, en présence du Grand Architecte de l'Univers, devant ce livre sacré, dépôt de la foi des chrétiens, en présence de cette auguste assemblée, d'être fidèle à la religion chrétienne, de la défendre de mon bras et de tous mes moyens, de faire tous mes efforts pour rentrer dans le bien de mes pères et d'y établir le Temple du vrai DIEU; d'être soumis au Grand Maître; d'exercer le vœu de miséricorde envers les malades et particulièrement des blessés.  Si je suis parjure, je consens d'attirer sur moi la vengeance divine. Ainsi la Trinité me soit en aide.” (Ce qu'il signe de son sang.)

 

Le Commandeur lui donne l'accolade qui sont trois coups de plat d'épée sur les épaules, en lui disant :

“Je vous fais Chevalier.  Que le Seigneur conserve vos années” ;

puis le fait lever, l'embrasse et lui donne la parole à l'oreille qui est Sion, retourne sur son siège et ordonne au Maître des Cérémonies de l'armer ; ce qu'il exécute en lui ceignant l'écharpe et lui montrant la croix et lui disant : “ Voilà la marque de votre voeu” ; puis lui donne le signe qui se fait en portant la main droite sur le coeur, la levant en l'air et regardant le ciel, et la portant ensuite sur l'épée.

 

L’attouchement est de s'opposer les mains gauches en séparant les doigts dans les jointures et s'empoignant la droite par le travers.

 

Le cri de guerre qui sert de mot de passe est Dieu le veut !

 

Le nouveau Chevalier va porter le signe, l'attouchement et mot à tous les Frères, ayant soin de ne rien prononcer qu'à l'oreille, qui est la parole en donnant le baiser d'union ; et, de retour à l'occident, le Secrétaire lui lit l'histoire suivante.

 

 

HISTORIQUE DES CHEVALIER DE LA PALESTINE

 

Après que le Temple élevé par Zorobabel eut subsisté 557 ans, il fut pillé successivement par Antioche IV Epiphane, Roi de 175 à 164 av. J.C., sous les Macchabées, puis par Crassus, ensuite par Pompée et enfin détruit par Titus Vespasien qui prit Jérusalem d'assaut l'an du monde 4074 et de l'ère vulgaire 70.

Cette ville avait été gouvernée depuis son rétablissement par des princes, puis par des rois, sous la protection des Romains contre qui elle se révolta, ce qui fut cause de sa ruine. 

Hadrien la releva quelque temps après, mais il ne put parvenir à établir les fondements du Temple. 

Les Perses s'en rendirent maîtres en 4618 et les Sarrasins en 4640. 

Pendant tout ce temps-là, les Nathinéens (oblats)se distinguèrent par leur vertu et furent appelés Paul, Pharat, Kadosh qui signifie séparé par la simplicité, la sainteté de leurs mœurs, de leur charité envers les pauvres.

Ensuite, ils négligèrent leurs devoirs, conservant seulement le dehors de leurs anciens usages ; et l'Ordre ne s'est maintenu qu'entre quelques zélés observateurs de la Loi qui se séparèrent du reste et furent appelés avec raison du nom de Kadosh, qui signifie Saint ; on les nomma aussi Esséniens.

Ils avaient pour usage d'élire un Grand Maître à vie, lequel s'engageait à servir Dieu, rendre la justice et à la plus inviolable fidélité au souverain. Manackeen qui vivait sous Hérode Antipas fut un des plus célèbres. 

Plusieurs se retirèrent dans la Cilicie et dans la Thébaïde où ils menaient une vie exemplaire.

Presque tous, par la suite, s'étaient fait chrétiens, ayant remarqué que leurs usages n'étaient contraires en rien à la religion, les conservèrent et se retirèrent avec les Pères du désert.

Saint Jean l'Aumônier, qui donna son nom à une branche de l'Ordre, adopta une nouvelle réforme, fut un de leurs Grands Maîtres et, après avoir distribué des biens immenses aux pauvres, vint terminer sa carrière avec eux dans la retraite de la pénitence.

Ils se soutinrent ainsi jusque vers l'an 4700 ; mais l'Ordre se dégrada insensiblement jusque vers la fin du 51ème siècle de la Lumière où ils étaient presque inconnus quoiqu'il en restât pourtant quelques-uns, du nombre desquels étaient Hugues de Paganis et Godefroy de Saint-Omer qui s'associèrent sept gentilshommes et renouvelèrent leurs voeux entre les mains de Garimond, patriarche de Jérusalem.

Ils pratiquèrent les oeuvres de miséricorde et écoutaient ceux qui allaient visiter les Saints Lieux.

Voici ce que nous avons conservé, lequel est recueilli dans les antiques annales de la Grande-Bretagne.

Du temps des croisades dans la Palestine, nos ancêtres s'associèrent et firent vœu de rétablir le temple des chrétiens dans la Terre sainte et de s'employer à ramener leur architecture à sa première institution.

Ils convinrent des signes anciens figuratifs et des mots symboliques pour se reconnaître entre eux d'avec les Sarrasins à la plus grande distance et de se garantir de surprise. 

On ne communiquait ces signes et ces paroles qu'à ceux qui promettaient solennellement et souvent même aux pieds des autels de ne les jamais révéler. 

Cette promesse sacrée était un lien respectable pour tenir les particuliers des différents pays dans une seule société.

Quelles obligations n'a-t-on pas eu à ces génies supérieurs qui, sans écouter l'envie de dominer, ont relevé un établissement dont le but est de créer un peuple nouveau qui cimentera ses devoirs par le sceau des vertus!

Notre institution doit être considérée comme un ordre moral, fondé de toute antiquité et renouvelé dans la Palestine par nos ancêtres pour rappeler le souvenir des vérités les plus sublimes de notre science au milieu des innocents plaisirs de la société. 

Ce fut quelque temps avant que Pierre l'Hermite réveilla l'ardeur des chrétiens et les porta à la conquête de la Palestine. 

Après le concile de Clermont, les croisés se rendirent par trois bandes: la première commandée par Godefroy de Bouillon ; la seconde par Bohémond ; la troisième par Raymond, Comte de Toulouse, qui y arrivèrent enfin après avoir été traversés par Alexis Comnène, Empereur d'Orient.

L'armée chrétienne, après plusieurs conquêtes, beaucoup de fatigue et de maladies, arriva à la vue de Jérusalem le 6 Juin 5103, trois ans après son départ de France.

Le Soudan d'Egypte, qui avait enlevé cette place pendant que l'armée faisait le siège d'Antioche, la munit des choses nécessaires pour faire une longue défense , elle fut néanmoins prise d'assaut le 15 Juillet.

S'étant assemblé huit jours après, on élut d'une voix unanime Godefroy de Bouillon, qui avait fait les fonctions de Commandeur, Roi de Jérusalem, dont il ne prit pas le titre quoiqu'on le lui donnât.

Ses successeurs réparèrent l'église du Sépulcre et sanctifièrent le Temple qui était en mosquée bâtie par les Sarrasins sur le mont Moriah où avait été celui de Salomon ; mais, en reprenant la ville, ils en firent de nouveau une mosquée ; ainsi le Saint-Sépulcre est le temple des croisés.

En 5122, Baudouin second institua les Chevaliers du Temple.

Une partie des anciens hospitaliers, sous le nom de Saint-Lazare, adoptèrent la réforme en prenant le titre de Saint-Jean de Jérusalem.

En 5147, sous Baudouin III, LOUIS VII, Roi de France, et Conrad second, Empereur, conduisirent la seconde croisade et mirent, cinq ans après leur départ, le siège devant Damas, qu’on leva par la trahison des princes syriens.

L’armée se dissipa par le départ des chefs croisés. 

Les trois ordres militaires eurent beaucoup de part dans cette croisade et beaucoup plus encore dans les sept qui la suivirent.

Après la seconde croisade, quand nos frères eurent pris possession de Jérusalem, ils s'employèrent à escorter et secourir les pèlerins, et tâchèrent d'incommoder les Sarrasins par leurs courses.

81 d'entre eux, sous la conduite de G. Garimond, par rapport à la première lettre du nom de Garimond (cette lettre G. célèbre dans tous les tableaux de tous les grades de la Maçonnerie), passèrent en Suède munis de pour recommandations pour l'archevêque d'Upsal, dont le zèle pour la guerre avait vivement éclaté. 

 

 

 

Nos frères les avaient députés à ce prélat l'engager à ranimer les ferveurs des princes confédérés ; ils y réussirent.

L’entreprise se renouvela et eux, afin de l'intéresser encore plus s’il était possible, crurent devoir, avant de partir, l'initier à leur secret de manière qu'il pût, même pendant la guerre, conserver la plus intime correspondance avec les Maçons libres qui y étaient si généreusement occupés. 

Le succès, cette fois ayant trompé toute espérance, les Chevaliers de la Palestine crurent devoir mettre à l'abri des événements malheureux leur mot respectable et députèrent de nouveau 81 architectes à l'archevêque d'Upsal, à Upsal ; que si la chose eût réussi, il serait repassé dans le pays conquis pour gouverner la hiérarchie comme patriarche en cette partie et lui mettre en main le dépôt qui jadis avait séjourné sous les débris du premier Temple.

Il le reçut de leurs mains et le renferma dans une tombe de marbre scellée de 4 sceaux et fit creuser secrètement au fond du caveau de la cour les quatre couronnes, trésor ordinaire du Roi de Suède et aidé de nos frères, il y descendit les précieuses archives qui, dans un temps postérieur, en furent retirées avec la même corde qui servit à les y descendre. 

Cette opération consommée avec le plus grand secret, nos frères revinrent à Jérusalem rejoindre nos amis.

Les successeurs de Baudouin trois firent successivement la guerre contre Nûr al-Dinn et Saladin.

Ce dernier prit Jérusalem sur Guy de Lusignan en 519 1, après l'avoir battu à Tibériade ; avec lui finit le Royaume qui avait subsisté 88 ans.

Trois ans après la perte de Jérusalem, Frédéric, Empereur, Philippe Auguste, Roi de France, et Richard Cœur de Lion, Roi d'Angleterre, conduisirent la troisième croisade, firent de grands préparatifs qui n'eurent d'autres succès que la prise d'Acre.

La quatrième, en 5199, fut composée d'impériaux seuls auxquels se joignirent quelques troupes hongroises, leur Reine à la tête ; cette expédition n'augmenta aucunement les conquêtes.

Sept ans après, il y en eut une cinquième composée de Français et Vénitiens qui renversèrent l'Empire d'Orient et établirent Baudouin, Comte de Flandre, Empereur à Constantinople.

En 5220, André, Roi de Hongrie, commanda la sixième composée principalement des habitants du Nord ; cela aboutit à la prise d'Amiette.

Treize ans après, Frédéric, Empereur, entra dans Jérusalem par un traité avec Saladin, mais les infidèles s'en emparèrent après son départ.

Onze ans après, Thibault cinquième, Roi de Navarre, commanda la septième qui ne fit rien du tout.

Saint Louis, en 5252, conduisit la huitième, s'y empara d'Damiette, fut pris prisonnier et revint en France après sa délivrance , puis il retourna en Egypte avec la neuvième et dernière où il mourut l'année suivante, en 5253.  Les papes ont fait depuis prêcher plusieurs croisades qui n'on eu aucun effet.

En 5295, les chevaliers d'Europe établis dans la Palestine en furent entièrement chassés et repassèrent dans leur pays.

Le grand prince Edouard, fils de Henri trois, Roi d'Angleterre, voyant qu'il n'y avait plus de sûreté pour ses vassaux, ses alliés se retirant, ramena cette colonne de frères en Angleterre et ce prince se déclara protecteur de notre Ordre, lui accorda de nouveaux privilèges ; dès lors les membres de cette confraternité prirent le noms de Frères Maçons à l'exemple de leurs ancêtres.

Depuis ce temps-là, la Grande-Bretagne devient le siège de notre Ordre, la conservatrice de nos lois et la dépositaire de nos secrets.

 DISCOURT HISTORIQUE

Quoique l'origine des Maçons remonte aux premiers temps, leur but primitif fut la bâtisse du Temple et la conservation du pays où les ouvriers résidaient ; mais écartons le voile qui, comme celui de cette enceinte, dérobe au candidat l'appareil du dépôt des vérités cachées à l'homme non instruit.

L’application des symboles et les développements de tous les crayons (esquisses) ne partent que du point de vraisemblance aux temps des croisades où se trouve une société ayant pour devise le Temple de Jérusalem ; pour nous celui de Maçon, pour attribut celui de la Liberté, pour symbole celui de l'architecture, pour rites ceux des usages judaïques en certaines parties.

Cette société augmentée par les premiers habitants des lieux que les croisés veulent reprendre aux infidèles qui s'en sont emparés avant la première croisade, un instant de fortune et de succès rend les croisés maîtres d'un emplacement assez vaste aux environs de Jérusalem qu'ils constituent comme capitale ou chef-lieu pour ériger un royaume. 

Godefroy de Bouillon en devient propriétaire , il a la modestie de réserver le titre de roi pour prendre celui d'avoué du Saint-Sépulcre. 

Cependant, le sort des armes change ; les croisades répétées se détruisent, succombent , les guerriers se retirent.

Godefroy et six de ses successeurs périssent, le royaume se dissout et revient entre les mains des infidèles. 

La religion en gémit, le zèle en souffre, la chrétienté doit en rougir, mais le germe des premiers croisés n'est point anéanti et leurs droits sont entiers.

Le Royaume de Jérusalem est leur véritable patrie ; une nouvelle croisade qui les en rend maîtres doit être l'unique vœu d'un Chevalier de la Palestine qui empêche de la réaliser.

Tel est, mon frère, le nom primitif et véritable de notre association ; la conquête des Lieux saints, la construction du Temple sont les apprêts de la loi nouvelle et la réoccupation du bien de nos ancêtres.

Pour y parvenir, nous assemblons des hommes de tous les pays, nous en multiplions le nombre, nous essayons leur foi, leur dévouement, leur discrétion avant de leur dévoiler la fin de notre ouvrage auquel rien ne peut s'opposer si nous faisons cet accord de concert, base de toute entreprise, moyen assuré du succès.

Dans ce point de vue, rien ne choque l'Ordre, rien ne donne atteinte à la foi due et jurée aux souverains, puisque c'est sous leurs appuis que nous espérons conduire le grand oeuvre ; et si le succès le couronne sans fonder un nouveau royaume dont l'élection serait attentatoire aux droits des autres, que chacun de nous sert dans son particulier, qui peut nous interdire l'établissement d'un Etat libre et purement républicain qui peuplera un pays désert de colons vertueux, abattra l'orgueil des infidèles, sera le triomphe de la foi et la gloire des princes chrétiens ?

Dans ce projet noble et généreux, rien qui répugne aux possibilités ainsi revendiquons le droit de nos pères, c'est le devoir de la nature, c'est celui de la société.  Puisse le Grand Architecte encourager notre zèle, soutenir nos espérances et assurer le succès!

Vos vœux vous unissent avec ces hospitaliers connus sous le nom de Saint-Lazare, assister les malades délaissés, soigner les blessés, ensevelir les morts sont vos moindres devoirs ; une soumission exacte à votre Grand Maître et un attachement inviolable à l'Ordre.

Si le Temple de Zorobabel et celui de Salomon nous offrent de quoi méditer, combien ne devons-nous pas puiser d'instruction dans une entreprise aussi glorieuse que mal exécutée! 

Profitons de l'exemple de nos prédécesseurs en tâchant de ne pas acquérir l'expérience à nos dépens; ils nous ont tracé la route qu'il faut suivre et tout zélé Chevalier Maçon doit se rendre l'histoire des croisades familière. 

Faisons donc tous nos efforts pour rentrer dans la possession de nos aïeux en employant mieux nos biens que ne firent ces anciens chevaliers dont nous ne sommes séparés que par les différentes additions qu'ils ont faites à leur Ordre et qu'ils l'ont tellement divisé qu'ils ne se reconnaîtraient qu'à peine; vraies approches du but où vous efforcez d'atteindre, mais peut-être vainement.

 

  

Il ne reste plus qu'un degré, mais les qualités que jusqu'ici nous avons exigées ne suffisent pas et il y a bien plus loin d'où vous êtes à ce but que d'un profane qui est déjà fort éclairé. Un dévouement entier mais réfléchi, une fermeté à toute épreuve, un zèle entièrement dénué de fanatisme peuvent seuls vous ouvrir la carrière dont l'entrée est si difficile que je vous conseille de vous borner où vous êtes si vous êtes atteint de quelque froideur ou négligence.

 

Instruction des Chevaliers de la Palestine

 

D.   Etes-vous Chevalier Maçon ?

R.   J'ai combattu pour la juste cause.

D.   Pourquoi vous êtes-vous fait recevoir ?

R.   Pour conquérir les Lieux saints et rétablir le Temple.

D.   Qui l'a détruit ?

R.   Titus Vespasien.

D.   Combien avait-il subsisté ?

R.   557 depuis son rétablissement par Zorobabel.

D.   Qui vous a reçu Chevalier ?

R.   Godefroy de Bouillon, Commandeur des croisades.

D.   Avec quelle formalité ?

R.   Par neuf interrogations.

D.   Tous les Maçons pouvaient-ils indistinctement être armés Chevaliers ?

R.   Non, il n'y avait que les Maçons chrétiens.

D.   Pourquoi ?

R.   Parce que la guerre était déclarée aux ennemis de la foi.

D.   Comment était éclairée la salle ?

R.   Par neuf lustres.

D.   En mémoire de quoi ?

R.   Des neuf croisades.

D.   Combien portaient-ils chacun de lumières ?

R.   Neuf, faisant en tout 81.

D.   Pourquoi ce nombre ?

R.   En mémoire des 81 députés qui portèrent à l'archevêque d'Upsal les écrits analogiques.

D.   Qui les y conduisit ?

R.   Garimond, Patriarche de Jérusalem.

D.   Combien de fois furent-ils en Suède ?

R.    Deux fois, la première pour engager l'évêque d'Upsal à prêcher la croisade, la seconde pour

                        lui porter le dépôt.

D.   Qui vous a armé Chevalier ?

R.   Le Maître des Cérémonies par ordre du Commandeur.

D.   Où les déposa-t-il ?

R.   Sous un tombeau de marbre dans le caveau de la cour des trois couronnes d'Upsal.

D.   Avez-vous contracté quelque engagement ?

R.   Oui.

D.   Lesquels ?

R.    D'obéissance au Commandeur, de fidélité au christianisme et de veiller les malades et les blessés.

D.   Ces vœux vous sont-ils particuliers ?

R.   Non, ils nous sont communs avec les Chevaliers dits de Saint-Lazare.

D.   Pourquoi ?

R.   Parce que c'est d'eux que nous sommes sortis, alors qu’ils restèrent toujours à Jérusalem.

D.   Pourquoi avez-vous signé de votre sang ?

R.    En mémoire de ce qu'aux croisades les zélés Maçons prouvaient l'attachement à nos

                                   principes et aux objets religieux par l'effusion de leur sang.

D. Comment prêtâtes-vous votre obligation ?

R.    A genoux sur la troisième marche d'un autel triangulaire et la main droite sur l'Evangile

       selon saint Jean.

D.   Pourquoi jusqu'ici s'est-on servi de la Bible pour faire prêter les obligations ?

R.    Parce que ce livre est respecté en général et qu'avant ce grade en recevait indifféremment

de toute religion.

D.        Comment était décoré l'autel ?

R.        Il y avait dans un hexagone Dieu le veut' et trois lampes à chaque angle.

D.        Pourquoi ces neuf lumières ?

R.        Parce que 9 fois 9 font 81, nombre connu dans la Maçonnerie.

D.        Comment étaient placés les Chevaliers pendant la réception ?

R.        Ils étaient assis, mais à l'instant que j'ai eu prononcé mes vœux ils se sont levés la tête nue.

D.        Que fit Godefroy ensuite ?

R.    Il me donna l'accolade en me disant : “Je vous fais Chevalier ; que Dieu bénisse vos

armes!”

D.        Comment vous décora-t-il ?

R.    Le Maître des Cérémonies m'arma par son ordre et me ceignit d'une écharpe blanche sur

laquelle est une croix rouge bordée d’or.

D.        Que vous dit-il ?

R.        Voici la marque de votre vœu en me montrant la croix.

D.        Pourquoi vous arma-t-il de pied en cap ?

R.    Pour me faire ressouvenir que je dois toujours être prêt à combattre pour recouvrer les

Lieux Saints.

D.        Que signifie la croix ?

R.        C'est le signe des premiers chrétiens et la couleur des anciens Chevaliers hospitaliers.

D.        Pourquoi était-elle rouge ?

R.        C'est que primitivement celles des croisés étaient de cette couleur.

D.        Pourquoi la portez-vous ?

R.        Afin que mes frères puissent me reconnaître en combattant.

D.        Pourquoi portez-vous l'écharpe blanche ?

R.        Parce que tous les Chevaliers croisés en portent une.     

D.        Quel mot vous donna le Commandeur pour maîtresse parole à l'oreille ?

R.        Sion, qui est le vœu de notre entreprise.

D.        Et le mot de passe ?

R.        Dieu le veut!, c'était le vrai cri de la première croisade.

D.        Que vous rappelle-t-il ?

R.        Que c'est pour la juste cause que nous avons fait vœu de combattre.

D.        Quel est l'attouchement ?

R.        On le donne.

D.        Que représente-t-il ?

R.    Les combats que nous devons tendre en nous repoussant et les mains formant la croix, le

signe de la fraternité chrétienne.

D.        Que devinrent les Maçons après la construction du second Temple ?

R.    Ils se distinguèrent par leurs vertus et furent nommés Paul, Kal, Pharat, Kadosh, qui signifie: séparés par la simplicité et la sainteté de leurs moeurs et leur charité envers les pauvres.

D.        Restèrent-ils toujours ainsi ?

R.    Quelques-uns d'entre eux demeurèrent fidèles observateurs de la Loi, mais le reste oublièrent leurs devoirs.

D.        Où se tinrent les premiers ?

R.        Dans la Thébaïde où ils se lièrent avec les Pères du désert après s'être faits chrétiens.

D.        Quel fut alors leur plus fameux Grand Maître ?

R.        Manachem, qui vivait sous le règne d'Hérode Antipas

D.        N'eurent-ils point d'autres ?

R.    Oui, saint Jean l'Aumônier qui, après avoir distribué des biens immenses aux pauvres, vint habiter parmi eux et donna beaucoup de lustre à l'Ordre , c'est à lui que nous sommes en partie redevables du titre de Saint-Jean que portent nos loges.

D.        Les Maçons zélés qui étaient demeurés à Jérusalem restèrent-ils oisifs ?

R.    Non, ils escortaient les voyageurs qui étaient venus visiter les Lieux saints et faisaient des oeuvres de charité.

D.        Dans quel temps les autres se réunirent-ils à eux ?

R.        Pendant la première croisade.

D.        Qui la conduisit ?

R.        Godefroy de Bouillon.

D.        A quelles occasion '?

R.        Pierre l'Hermite y engagea le Pape qui la prêcha au concile de Clermont.

D.        Cela eut-il quelques succès ?

R.    Après avoir essuyé plusieurs trahisons de l'Empereur de Constantinople, ils arrivèrent dans la Palestine où ils prirent con enfin Jérusalem trois ans après leur départ.

D.        Comment gouvernèrent-ils leurs conquêtes.

R.    Ils l'érigèrent en royaume et la donnèrent à leur général qui y régna avec ses successeurs 88 ans.

D.        Quels sont les Rois de Jérusalem ?

R.    Godefroy de Bouillon, Baudouin premier, son frère Baudouin second, Foulques, Baudouin trois, Amaury, Baudouin quatre dit Lépreux, enfin Guy de Lusignan sous lequel Saladin avait reprit Jérusalem.

D.        Qui conduisit la seconde ?

R.        Louis sept, Roi de France, et Conrad trois, Empereur  d'Allemagne, en 5147.

D.        Combien dura-t-elle ?

R.        Cinq ans et n'aboutit à rien

D.        Qui conduisit la troisième ?

R.        Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion en 5194.

Elle aboutit à la prise d'Acre.

D.   Qui conduisit la quatrième ?

R.   La Reine de Hongrie suivie des Empereurs en 5199.

D.   Qui mena la cinquième ?

R.    Baudouin, Comte de Flandre, et le Doge de Venise.  Ils détrônèrent l'Empereur d'Orient et mirent Baudouin en sa place en 5206.

D.   Qui commanda la sixième ?

R.   André, Roi de Hongrie.  Elle aboutit à la prise d'Damiette en 5220.

D.   Qui mena la septième ?

R.   Thibault cinq, Roi de Navarre, en 5244.

D.   Qui commanda la huitième ?

R.   Louis neuf, dit Saint Louis, en 5252 et en 5273 ; il conduisit la neuvième et la dernière.

D.   Y-a-t-il eu d'autres tentatives ?

R.   Oui, on en prêcha plusieurs, mais sans aucun succès.

D.   Les chrétiens d'Europe sont-ils demeurés dans la Palestine ?

R.    Non, vers l'an 5295 ils revinrent et réunirent avec eux les ordres militaires qui s'y étaient établis.

D.   Quelle marque distinctive donnait le Pape à ceux qui avaient accompli leurs vœux ?

R.   Une croix d'or environnée de palmes et de lauriers.

D.   Pourquoi dans le sceau de ce grade y a-t-il un bonnet de l'évêque ?

R.    A cause de l'Evêque d'Upsal destiné à être Patriarche d'Allemagne ; je dis de Jérusalem si la troisième croisade avait eu le succès qu'on en espérait et à qui on avait fait cette grande députation.

D.   Etait-il initié à nos secrets ?

R.   Oui, il le fut dans la première loge ouverte en Europe.

D.    Pourquoi les Ecossais tirent-ils dans leurs loges de table la santé des Chevaliers de la

Palestine en particulier ? 

R.   Parce que ce sont eux qui à leur retour de Jérusalem établirent leur loge primitive.

D.   Quel âge avez-vous ?

R.   Quatre-vingt-un ans.

D.   Pourquoi répondez-vous ainsi ?

R.   En mémoire des quatre-vingt-un députés.

D.   Quelle heure est-il ?

R.   Les troupes sont licenciées.

D.   Les pauvres sont-ils soulagés ?

R.   Non, Commandeur, mais je vais y pourvoir.

     Alors il va présenter le tronc.

 

Ici, on ferme comme on a ouvert, le Commandeur frappant neuf coups distants qui est la manière de frapper du grade.

 

Prérogatives des Chevaliers de la Palestine

 

Celles de ce grade sont les mêmes quant aux honneurs des Princes de Jérusalem, [Rose-Croix.], excepté qu'on tire leur santé comme celle du Vénérable de loge en place. Pour les recevoir et les introduire, on va chercher comme l'inspecteur, mais avec trois frères seulement au lieu de cinq, ils restent toujours assis et couverts, hors pendant les obligations.  La manière de frapper pour demander la parole, ci-contre.

 

Cérémonie du banquet

 

La santé se tire en neuf temps.  Le premier, en portant le canon à l'épaule gauche , de là à la hanche droite, [ensuite l'autre, puis à l'épaule droite,] après à la hauteur des yeux, descendant perpendiculairement ; le rapportant après à l'épaule gauche et enfin à la droite ; puis en avant où on le descend pour le poser en trois temps à l'ordinaire.

Le drapeau (serviette) se ceint en écharpe.

 

 

Cantique

 

Quoique notre auguste origine

Date aux siècles qui sont passées,

Aux champs de la Palestine

Vos aïeux sont trépassés ;

Prendre une aussi fraîche époque,

C'est bien illustrer nos travaux ;

La source en est moins équivoque

Quand les faits en sont si nouveaux.

Pour nous distinguer des autres.

Loin du tumulte et du bruit,

Nous nous fîmes les apôtres

Du mystère et de la nuit ;

Des Règles, des mots, un emblème,

Un religieux serment,

Au public fut un problème,

D'un si saint engagement.

 

Fin.

 

  

 

(176) Après qu'Alexis Comnène ne leur fit obstacle.

(1 77) C'est le mardi 7 juin 1099 que les croisés arrivèrent devant Jérusalem.

 

un blanc; pour “Règles” ?

 

(172) Antiochus IV Epiphane, roi de 175 à 164 av.  J.-C.

(173)   Nathiniens ou Nétinim, “donnés” ou “oblats” (cf.  Esdras 2, 43 Néhémie 11, 21).

(174) Ou Esséniens

(175) Pour “escortaient” ?

(179) Damiette.

(1 82) U interprétation des quatre mots hébreux et leur traduction française ne sont pas sans poser quelques problèmes.

 

Paul viendrait de Pa'al, oeuvre, mérite ; Kal doit être orthographié Qual, simple ; Pharat serait à rapprocher de Parat, être séparé ; Kadosh, ou Qadosh, signifie saint.  Il est évident que ces mots ne traduisent pas la longue phrase française ; leur ordre devrait être, en toute logique : Pharat, Kal, Kadosh, Paul.

(1 83) S'agit-il de Manassé, treizième des rois de Juda, qui régna de 698 à 644 av. J.-C., ou du patriarche juif, fils aîné de Joseph, qui donna son nom à l'une des tribus d'Israël ? Quant à Hérode Antipas, tétrarque de Galilée, il régna de 4 av.  J.-C. à 39 ap. J.-C. il jugea Jésus-Christ et fit mourir saint Jean-Baptiste.



03/12/2011

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