5ème Ordre - Chevalier de l\'Aigle Blanc et Noir, Inspecteur du Rite - 8ème Grade

Rituel de Kadosh, Parfait initié

RITUEL DE KADOSCH

 

PARFAIT INITIE

 

 

GRADE PHILOSOPHIQUE, 5e ET DERNIER DEGRE DU RIT FRANCAIS,

 

 

DIT AUSSI

 

GRAND ÉLU CHEVALIER DE L’ AIGLE BLANC ET NOIR

 

 

RAMPLACANT LE 30ème  DEGRÉ TEMPLIER DU RITE ÉCOSSAIS.

 

 

PRELIMINAIRES

 

Neuf jours au moins avant celui qui aura été fixé pour l'ad­mission au grade de Kadosch, le candidat devra remettre son Discours de réception au G.°. M.°. qui le transmettra, avec ses observations, à l’Orateur chargé d’y répondre et qui pourra même, s'il le juge nécessaire, s'en entendre avec le candidat, car il ne doit rien sortir de la chancellerie de l'aréopage qui ne soit empreint d'une orthodoxie maçonnique la plus pure.

 

Si, contrairement à toute prévision, le discours ne répondait pas à l'attente qu'on se serait faite de son auteur, son admission, après une nouvelle lecture en présence des cinq lumières, serait ajournée indéfiniment.

 

 

DISPOSITION DE LA LOGE.

 

Tenture blanche portant les attributs des sciences et des arts, parsemée d'abeilles. L'autel et les tables sont couverts de tapis blancs, dont le devant est parsemé d'étoiles d'or. Le dais est d'étoffe blanche à franges d'or. Au‑dessus brille l'étoile flamboyante, ayant à son centre le delta, ait lieu de la lettre G.

 

A l’Or.°., est l'étendard en étoffe blanche et franges d'or; le milieu présente les lettres K.°. S.°., séparées par un globe ailé dont les ailes sont bleues.

 

Un fauteuil à fond blanc est au milieu de la salle, pour le candidat.

 

TITRES. La loge se nomme Aréopage; le président G.°. M.°. ;        Les dignitaires portent les titres ordinaires précédés du mot Grand.

Les FF.°. sont appelés Chevaliers; tous les Kadosch étant Cheva­liers de l'Aigle blanc et noir.

 

ORDRE. Celui du bon pasteur

 

  

1 Les Jésuites, en s'emparant, en 1646, à Londres, des rituels d'Aschmole, ont substitué à l'iod hébraïque, principe universel, devenu l'hiéroglyphe naturel de l'unité de Dieu, l'initiale du mot Général (de leur ordre, le représentant de Dieu), la lettre G, qu'aux Trinosophes, en 1816, nous avons interprétée par Génération; nous ne pouvions pas, dans ce nouveau grade, purgé de tout emblème templier, faire usage d'une lettre introduite par les Jésuites.

 

 

  

OUVERTURE DE L'ARÉOPAGE.

 

 

Le G.°. M.°. frappe un coup, répété à l'occident, et dit :

 

G.°. M.°.- F.

 

G.°. M.°.« F.°. 1er  G.°. Surv .°., Somme-nous à couvert, et tous les F M ‑. ici présents sont ils Kadosch ?

 

Les Surv.°. s'en assurent, et l'annoncent.

 

Le G.°. M.°. 1er et 2e G.°. Surv.°.,

            « prévenez vosFF. ‑. que je vais ouvrir l'aréopage de la R.°. L.°. O.° . de.

 

L'annonce faite; le G.°.M.°.dit :

 

« Debout, et à l'ordre  « A moi, mes FF. par le signe.... par la batterie...» Au nom et sous les auspices du G.°.‑0.°. de France, je déclare l'aréopage ouvert.

 Chev. ‑., asseyons nous 1»

 

« F.°. G.°. ‑Secrét.°., veuillez prendre note des Chev. absents, en tenant compte des balustres d'excuse et donnez‑nous lecture du balustre de la dernière séance, etc. (Comme d'usage.)»

 

« F.°. G. °. M.°. des cérém.°., prenez avec vous deux de vos FF. ‑. adjoints et transportez‑vous dans le parvis pour reconnaître strictement les FF. ‑. Visiteurs.

« Cette reconnaissance faite, l'un de vous viendra nous rendre compte, puis vous frapperez à la porte du temple pour leur introduction.

« Si le candidat était arrivé, un M.°. des Cérém.°.Adj.°., remplissant les fonctions de F. °. Préparateur, resterait pour lui faire la communication analytique de grades, non pratiqués, qui séparent Le Rose‑Croix du nouveau Kadosch , et lui tiendrait compagnie, jusqu'à ce qu'il soit appelé. » (Cet ordre s'exécute.)

 

Les FF.‑. Visiteurs étant introduits, complimentés, placés selon leurs dignités, le  informe, en ces termes, l'assistance du motif de la réunion –

 

            « Chev.°., et TT.°.ILL.°. FF.°. Visiteurs, l'aréopage, dans sa dernière tenue, ayant fixé pour aujourd'hui l'admission à ses travaux du R.°. F.°. N... (Ses qualités civiles), Parfais Maître Rose-croix, membre actif  du Souv.°. Chap.°. de notre R.°. L.°., nous allons procéder à cette cérémonie, mais en nous servant du « nouveau formulaire. »

 

Si c'était la première fois que l'aréopage ou le G.°. M.°. en faisait usage, il pourrait ajouter : « Beaucoup de Présidents de Conseils du 30è degré, voulant renoncer à l'usage de l'ancien rituel, trop entaché de formes templières qui ont fait leur temps (donner ici, s'il est nécessaire, un précis des Réflexions qu'elles ont suggérées), ces FF.°. Ont désiré y substituer un rituel Plus maçonnique et plus Philoso­phique, exempt surtout d'esprit de vengeance, et c'est celui dont nous allons nous servir puisse-t-il, TT.°.II.°. FF.°., recevoir votre approbation »

 

« Nous pensons comme l'auteur du Rituel que, pour être admis à nos travaux, il n'y a plus d'épreuves pos­sibles à exiger de FF.°. imbus des principes et des con­naissances élevés que contient le savant grade de Rose‑Croix.

Les onze degrés (REAA)1 ou (les six degrés Rite de perfection)1 qui séparent le Kadosch du Rose-Croix, n’étant pas pratiqués, et l'ancien Kadosch lui-même cessant de l’être, le nouveau Rituel contient l'analyse de tous ces grades; elle est communiquée, ainsi que l'ancien Kadosch au récipiendaire qui, tout en possédant la connaissance, ne se présente qu'en Rose-Croix, dont le grade de Kadosch est le couronnement.

Nous donnons, avec les nouveaux mots signe et attouchement, ceux du mode ancien , afin que les Kadosch de tous les régimes puissent facilement se reconnaître et s'entendre. »

 

Le G.°. M.°. Invite un F.°. Expert à se transporter près du F.°. Préparateur pour s'informer si la communication des grades est terminée et en rendre compte, à moins que l'aréopage, pour l’instruction des Chevaliers, décide que cette communication aura lieu en séance.

1) NDLE

 

 

RECEPTION

 

On frappe à la porte de l’aéropage en Rose-Croix ( les Surv.°. l’annonce)

 

Le G.°. M.°. :

«  Faites voir qui frappe ? »

 

Le G.°..M.°. des Cérém.°. :

«  c’est le F.°. N …… Rose-Croix, porteur de son billet de convocation, qui, après avoir reçu la communication ordonnée, demande humblement son admission dans l’aréopage. »

 

Le G.°. M.°. :

« Donnez-lui l’entrée du temple.

Debout, Chevaliers et à l’ordre de Bon Pasteur. »

 

Le 1er Surv.°. annonce la présence du F.°.N……., entre les 2 colonnes

 

            Le G.°. M.°. :

            « T.°.R.°.F.°.N……Soyez lebienvenu parmi nous

F.°. Préparateur, conduisez lz F.°. à son siège.

Prenons place,II.°. Chev.°.

Au F.°.N……Asseyez-vous mon F.°. »

 

Le G.°. M.°. :

 

« Je vous félicite sincèrement de ce que, parvenu au grade éminent de Rose‑Croix, vous ayez eu le désir d'arriver au sommet des connaissances maçonniques. En effet, c'est de ce point élevé d’un horizon nouveau pour vous, que vous pourrez, avec plus de compassion, jeter les yeux sur cette masse d'humains qui languissent encore dans l'ignorance, le front courbé sous le joug avilissant des préjugés et de la superstition. Déjà, comme Rose-Croix, pasteur vigilant, vous avez accepté la haute mission d'éclairer les hommes, d'écarter tout ce qui divise les esprits, de professer tout ce qui peut unir les cœurs.

Devenu Kadosch, votre mission s'agrandit; c'est un sacerdoce plus élevé qui vous est confié; il vous place au rang des propagateurs de la vérité, vous devez être un des rayons de

ce phare immense, flambeau du monde, l'auguste et bienfaisante maçonnerie; vous devez aussi guider et éclairer les Loges : recommandez-leur surtout de n'ouvrir nos mystères qu'aux esprits libres et ornés, aux élus du cœur et de la pensée, et de ne pas déchirer les voiles du mystère devant des  yeux qui ne peuvent voir, devant des intelligences qui ne savent point comprendre.

Recommandez-leur encore d'appeler à elles les apôtres de la morale universelle et les esprits qui se trouvent trop à l'étroit dans les dogmes d'une foi mourante.

 Le mot hébreu Kadosch signifie Saint consacré, purifié. Ne pensez pas pour cela que les Chev.°. de l'Aigle blanc et noir aient quelque prétention à la Sainteté, ils expriment, par ce mot, qu'étant les Elus de la maçonnerie, ils doivent être les maçons par excellence, et que purifiés de la souillure des préjugés, ils doivent se consacrer à l'étude et à la pratique de tout ce qui petit contribuer au bonheur et au progrès social. On peut soulever le rideau de leurs mystères, on ne découvrira que des services rendus ‑à la société. Nous n'avons pas d'autres mystères et notre secret consistent dans la manière de rendre les hommes heureux et vertueux ; disons-leur surtout; instruisez-vous, mais ce que votre cœur et votre raison ne vous disent pas, vous ne l'apprendrez jamais dans les livres.

 

 

D.     Consentez ‑vous, mon F.°., toute-fois selon vos moyens et vos facultés, à nous aider dans l'accomplissement de ces nobles devoirs ? »

 

Il répond affirmativement.

 

«  Vous voyez que nous ne portons pas de tablier, parce que le travail maçonnique, dont il est le symbole, s'ar­rêtant au Rose-Croix, où tout est consommé, il n'a pas lieu pour nous.

Guidés par notre vieille expérience, animés d'un zèle toujours constant, nous nous réunissons dans ce sanc­tuaire paisible ; nous nous communiquons réciproquement nos pensées, nos observations pour le bien-être de l'humanité, pour la propagation de la maçonnerie et pour donner plus d'intérêt et d'éclat à nos réceptions. Nos mé­ditations doivent quelquefois prendre un essor plus élevé, car vous saurez, mon frère, que c'est aux membres de ce haut grade, qu'il appartient, plus particulièrement, d'étu­dier, d’interpréter les questions de principes et de prendre même l'initiative des progrès et des améliorations de l’œuvre maçonnique près du gouvernement de l'ordre. Puisse ce grade devenir dans la maçonnerie et dans tous les États où il sera pratiqué, comme un convent permanent où toutes les forces créatrices d'une doctrine universelle puissent venir se coordonner et apporter librement le tribut de tant de pensées éparses, dont chaque aréopage alimentera ses rapports avec le G.°.0.°.

Nous ne développons que ce que l'antiquité a institué ; car, mon C.°. F.°. « Cherchez au fond des choses, fouillez dans les mystères d'Isis, d'Osiris, de Pythagore, sous les pyramides d'Egypte dans les muettes sentences des images sans voix de l'écriture des premiers âges, vous ne trouverez d'autre raison sérieuse de l'éternité de notre ordre que dans le sentiment de la nécessité de cette convocation permanente, de cette organisation de toutes les forces, de toutes les aptitudes morales. Eh ! ne fallait-il pas au développement progressif de l'humanité une morale progressive comme elle, et, à cette morale progressive pour s'épanouir à travers les doctrines stationnaires et les intérêts cramponnés au passé, ne fallait-il pas un temple sans cesse ouvert? Un temple où les esprits élevés, où les cœurs dévoués vinssent dresser l'autel de l'alliance entre toutes les pensées et tous les sentiments? Ne fallait-il pas une sorte de concile universel, toujours renouvelé mais toujours debout ? Ne fallait-il pas une tribune où pussent retentir les voix réunies des inspirations grandioses de la conscience humaine? » (Bulletin du G.°.O.°. n°1)

 

La perfectibilité de l'homme est tout entière dans le développement de ces facultés physiques et intellectuelles qui sont le double résultat de son organisation. Les facultés ­physiques fleurissent avec l'âge pour subir ensuite la décadence, la caducité et la mort.

L'esprit, au contraire, plus social qu'individuel, conserve de sa céleste origine l'universalité ; étant comme le langage donné à chacun et à lotis, il est progressif, transmissible et forme un foyer central, où chacun apporte sa lumière; ainsi s'achèvera, avec le temps, le brillant édifice de la civilisation générale.

Le fruit que nous retirons (le nos séances est reporté dans les ateliers inférieurs, dont nos frères profitent, et même dans le inonde, afin de contribuer aux progrès de la civilisation actuelle.

 

D.          Mon F.°., qu'est-ce qu'un nom, qu'est ce qu'une définition ?

 

Il répond, se qu’il pense.

 

Le G.°.M.°. : Le nom est une définition; la définition est un nom expliqué.

Mon F.°., veuillez nous donner vos idées sur la civilisation ?

Il répond

Le G.°.M.°. « La civilisation est l'opposé de la sauvagerie et de l'état de barbarie d'un peuple. Elle est le développement intellectuel et moral d'une nation. C'est le mouvement permanent et progressif de l'humanité vers la liberté individuelle, l'égalité sociale et la fraternité universelle. C'est le gouvernement de la raison et de la justice substituée au despotisme et à la superstition. C'est la loi du progrès substituée à la routine. C'est la transformation incessante des institutions en vue de l'équité et du bien-être général.

 

C'est le règne de l'intelligence et de la science succédant à la stupidité et à l'ignorance. C'est enfin la lumière et la vérité dissipant les ténèbres et terrassant le mensonge. La civilisation a pour auxiliaires puissants : la boussole, la vapeur, l'imprimerie, l'électricité et l’air dilaté1. Les États à demi-civilisés, chez qui la civilisation n'est encore qu'une barbarie raffinée et les cent millions de sauvages dispersés sur la terre, seront incapables de retarder sa marche triomphante. Sans la philosophie et la franc-maçonnerie, la civilisation ne serait que la substitution de la ruse à la violence; elles ont encore beaucoup faire, car la civilisation n'atteindra sa perfection entière que lorsque des hommes pourront cesser de tuer des hommes, même au nom de la justice. »

 

D. Croyez-vous à un monde autre que celui que nous habitons ?

Il répond.

            Le G.°.M.°. : Il n'y a pas deux mondes, il n'y en a qu'un : on appelle monde invisible la partie de notre atmosphère où circulent les émanations, les gaz, les odeurs, les atomes microscopiques, etc, etc; mais toutes ces choses sont inaptes à former un second monde; il n'y a donc pas d'autre monde que l'univers dont fait partie notre globe que nous n'abandonnons même pas entièrement à notre mort; car étant composées d'esprit et de matière, ces deux substances retournent à leur origine, sans quitter notre monde; puisqu'on rend notre corps à la terre qui l'a nourri, et que notre esprit rentre dans l'unité de la vie éternelle, il revient à sa source, qui est le sein de Dieu-même; or, Dieu est bien réellement de ce monde qu'il vivifie sans cesse.

« On individualise, par la pensée, celle existence éternelle en lui donnant une forme, invisible à nos yeux, et en dehors de l'incarnation générale; mais cette transformation ne la rend pas étrangère au monde universel, dont nous faisons partie. »

 

D. Qu'est-ce que la vie antérieure, qu’est-ce que la vie future.

Il répond.

            Le G.°.M.°. :   La VIE ANTERIEURE? C'est la vie de nos       ancêtres, de ceux qui nous ont précédés sur ce globe.

            C'est ainsi que la vie de nos descendants, qui profiteront de nos découvertes, nous représente notre vie future.

 

D), Que doit-on entendre par l'existence d'hommes antérieurs à tous les siècles ?

Il répond,

            Le G.°.M.°.: Le temps à toujours existé, mais l'art de le diviser et de nommer ses divisions et subdivisions  appartient à l'homme. Et combien de temps n'a‑t‑il pas fallu à l'observation humaine pour classer le temps, je ne dirai pas en jours, en mois, la lune et le soleil aidant, la tache fut facile? Mais classer les années en lunaires, en solaires, et celles‑ci en SIÈCLES, était moins facile? Eh bien! ceux qui précédèrent ce classement, et même ceux qui l'inventèrent étaient réellement des hommes antérieurs aux siècles et à tous les siècles.

 

D. Vous êtes-vous fait une opinion sur l'origine du bien et du mal? »

Il répond.

Le G.°.M.°. : « Je vais vous dire ce qu'à ce sujet, pensait Pythagore: Cet initié admettait, avec les stoïciens deux mobiles opposés des actions humaines ; l'un libre: la puissance de la volonté; l'autre, contraint la nécessité du destin, soumises, toutes deux, à une loi fondamentale et providentielle, la loi naturelle dont elles émanent, et toutes deux bonnes ou mauvaises, suivant l'usage qu'on en fait.

  

 

1)La récente invention de M. Lenoir aura d'immenses résultats : elle supprime le charbon dans les machines à vapeur, les chevaux des charrues et des voitures, et livre aux voyageurs le vaste champ de l'atmosphère.

 

« La puissance de la volonté agit sur les choses à faire, sur l'avenir; la nécessité du destin agit sur les choses faites, sur le passé; mais c'est du passé que naît l'avenir, comme c'est de l'avenir que se forme le passé, il en

résulte que c'est de la réunion du passé et de l'avenir que s'engendre le présent, toujours existant et duquel ils tirent également leur origine, car le passé tient du présent et sans le présent, il n'y aurait point d'avenir. Ainsi, la liberté règne sur l'avenir, la nécessité sur le passé et la loi providentielle ou naturelle sur le présent. Rien de ce qui nous concerne n'arrive par hasard, mais bien par l'union de cette loi naturelle avec la volonté humaine qui l'observe ou la transgresse, en opérant sur la nécessité (l'avenir). Il est évident que c'est l'accord de la volonté de l'homme avec cette loi qui constitue le bien, et que le mal provient de leur opposition.

" L'homme, pour se conduire dans la vie, est doué de trois forces soumises à sa volonté et appropriées aux trois modifications de son être.

La première force est l'instinct, siège du sens commun, qui perçoit le bien et le mal physique, le plaisir et la douleur, résultant de la sensation.

La deuxième, dévouée à l'âme est la vertu qui connaît le bien moral et le mal, l'amour et la haine, résultant du sentiment.

            Et la troisième, appartenant à l'intelligence, siége de la sagacité, est la science (la sagesse) qui juge le bien ou le mal intellectuel, la vérité ou l'erreur, résultant de l'assentiment de l'esprit. Ainsi, la sensation, le sentiment et l'assentiment qui résident dans le corps, dans l'âme et dans l'esprit composent trois affections qui dans l'âme réagissent les unes sur les autres, s'éclairent ou s'obscurcissent mutuellement, et l'homme ou l'unité qui les lie se perfectionne ou se déprave, selon qu'elle s'accorde avec l'unité universelle (l'harmonie), ou qu'elle s'en écarte. Le moyen qu'elle a de s'y confondre ou de s'en distinguer, de s'en rapprocher ou de s'en éloigner, réside tout entier dans sa volonté, qui, par l'usage qu'elle fait des perceptions que lui fournissent le corps, l'âme et l'esprit, s'instinctifie ou s'abrutit, se rend vertueuse ou vicieuse, sage ou ignorante, et se met en état de percevoir avec plus on moins d'énergie, de connaître et de juger avec plus on moins de rectitude ce qu'il y a de bon, de beau et de juste dans la sensation, le sentiment et l'assentiment ; de distinguer avec plus ou moins de force et de lumières le bien et le mal, et de ne point se tromper enfin dans ce qui est réellement plaisir ou douleur, amour ou haine, vérité ou erreur (vers dor., p. 249).

Ainsi, l'homme doué d'une volonté libre et se portant de son propre mouvement à la vertu ou au vice, doit connaître la source des biens et des maux qui lui arrivent et ne peut s'en prendre qu'à lui seul des calamités qui le frappent; si son passé fut peu heureux, parce qu'il a été vicieux, il doit modifier ses actions, pour rendre son avenir plus prospère.

Travaillons à notre perfectionnement, afin de mieux éclairer les hommes et de perfectionner l'humanité, et le mal disparaîtra de la société.

 

            « Mon F.°., nous attendons de vous la lecture de votre discours de réception.

G.°.M.°. des Cérém.°. veuillez conduire le R.°.F.°. N.... au banc de l'orateur          

 

Arrivé à cette place, le G.°.M.°. lui dit : mon F.°. vous avez la parole.

 

 

Le discours lu, le G.°.M.°. félicite son auteur, de­mande le dépôt aux archives et fait applaudir1

            «G.°.M.°. des Cérém.°. conduisez le F°‑. à l'autel.»

Il dit au candidat :

Mon, F.°., vous avez un engagement à prendre avec nous; consentez-vous à le contracter

Il répond affirmativement.

            Le G.°.M.°. je vais vous le lire; posez votre main sur les statuts de l'ordre.

Debout et à l'ordre Chev.°. !

 

1 S'il y avait plusieurs candidats à recevoir, le G.°.M.°. et l’Or.°. choisiraient le discours le plus saillant et son auteur serait le récipiendaire.

Les discours des autres candidats présents serait déposés aux archives. Chaque année, une commission nommée ad hoc ferait un choix parmi ces    productions émanées de frères éclairés; on réunirait ces discours à ceux des aréopages des autres Loges académiques, et le tout procurerait un volume utile à l'ordre et dont la lecture ne pourrait qu'être fort instructive.

 

 

ENGAGEMENT.

 

D. « Je promets, sur l'honneur, de garder inviolablement le secret sur les délibérations de l'aréopage et de n'en conférer avec aucun F.°. d'un grade inférieur au mien ?

 

R. Je le promets.

 

D. « Je promets d'observer et de faire observer, autant qu'il sera en mon pouvoir, les statuts généraux de l'ordre dont le Grand.°.Chapitre.°. est, en France, le suprême régulateur auquel je renouvelle ici la promesse d'être fidèle ?

 

R. Je le promets.

D. « Je promets de propager chez les maçons, dans les ateliers de l'Ordre et dans le monde profane, toutes les vérités utiles au bien-être général et au progrès social1

 

R. Je le promets.

 

D. « je promets, par mes observations et par mes renseignements, joints à ceux de mes collaborateurs au conseil, de mettre l'aréopage, autant que possible, à même d'éclairer le pouvoir suprême sur les vœux des maçons et des ateliers, sur les besoins de la maçonnerie et sur les réformes et modifications qui deviendraient nécessaires à sa marche progressive

 

R. Je le promets.

 

D. « En qualité de Chevalier dévoué à l'humanité, je promets de protéger le faible et l'innocence, et de regarder comme frères les opprimés et comme ennemis les oppresseurs ?

 

R. Je le promets.

 

D. « Enfin, vous jurez de démasquer et confondre l'imposture et l'hypocrisie, partout où vous les rencontrerez, et de combattre, par les armes de la raison, par la persuasion ­et le bon exemple les préjugés, le fanatisme et la superstition ?

 

Il répond . Je le jure; que le G.°. A.°. de l’U.°. me soit vit aide !

 

 

1 Ne perdez jamais de vue la boussole, indiquée page 6 du Rituel d'Ap.°.; les trois S0LEILS DE MENOU? c'est-à-dire un soleil unique trinement manifesté, représentant une révolution solaire annuelle, point de départ des anciens mystères et base immuable des trois grades symboliques et de toute religion bien faite. Cette triple manifestation fut, plus tard, personnifiée dans BRAHMA, le créateur , dans WISCHNOU le conservateur dans SIVA, le destructeur, et AILLEURS.

 

     

 

CONSÉCRATION

 

 

 Le G.°.M.°. lui dit : inclinez-vous; puis étendant la main sur sa têtes il le ‑consacre ainsi :

« A la gloire du G. ‑A. de JE ‑. 1 au nom et sous les auspices de 6 ‑0. de France et en vertu des pouvoirs qui me sont conférés, je vous confirme dans les onze grades intermédiaires depuis le Rose‑Croix, lesquels vous ont été communiqués et vous crée et constitue parfait initié ; CHEV. '. DE L'AIGLE BLANC ET NOIR, G.°. ELU, KADOSCH 5è grade pratiqué, 30è degré du rite écossais, membre de l'aréopage, régulièrement établi près la R.°. Loge..., à l'O.°. d...

 

Le G.°.M.°. lui donne le baiser de paix et dit :

« Mon frère, vous acquérez aujourd'hui le droit de diriger les travaux d'un conseil de Kadosch.

 

G.°.M.°. des Cérém.°. , veuillez conduire le Chev.°. à son siège.

 

II.°. Chev.°., prenez, vos places !

 

Au Néophyte « T.°.C.°.F.°., nous avons, dans ce grade, des emblèmes, des paroles, signe, attouchement, etc., je vais vous les faire connaître et vous en donner la signification.

 

 

Communication.

      

TUTOIEMENT. Une des prescriptions des Kadosch précé­dents était de se tutoyer, le G.°.M.°. compris, pour exprimer plus intimement les sentiments d'affection qui lient les FF.‑. de ce grade; niais les délicatesses sociales éloignent de nous ces formes familières, sans que nos sentiments d'amitié, de fraternité perdent de leur vivacité ou de leur force.

 

L'ECHELLE MYSTÉRIEUSE. Cet emblème. interprété arbitrairement dans les anciens cahiers où son emploi, exposé le récipiendaire à un spectacle dégradant, ne figure plus ici, ayant perdu sa signification initiative. C'est un emprunt fait aux mystères de Mithra, où pareille échelle servait aux mages pour expliquer à leurs néophytes le double mouvement des étoiles fixes et des planètes, leurs rapports continuels avec la terre et, réciproquement, ceux de la terre avec ces astres, pour l'échange perpétuel de leurs mutuelles émanations et, enfin, pour figurer le passage des âmes dans les 7 sphères célestes, selon la croyance d'alors. Le long de cette échelle mystique se trouvaient 7 portes.

 

 

 

La 1er en plomb, désignant Saturne.

La 2è en étain, idem. vénus.

La 3' en cuivre, idem. Jupiter

La 4è en divers métaux, idem. Mercure

La 5' en fer, idem. Mars

La 6' en argent, idem. la Lune.

La 7e en or, idem. le Soleil.

 

Puis le ciel empiré. Voilà, sans nul doute, l'échelle du songe de Jacob, dont l'idée allégorique existait chez les Perses, chez les Chaldéens et les Egyptiens, avant l'apparition de ce patriarche. Les Jésuites qui ont introduit cet emblème ont fait croire que les deux montants, qui leur représentaient Philippe le Bel et clément V, signifiaient: amour de Dieu, amour du prochain, et que les sept échelons à monter, qui leur rappelaient les six conditions imposées par le roi de France à l'ambitieux archevêque de Bordeaux pour arriver au nec plus ultra du Sacerdoce(la papauté), signifiaient du côté ascendant des devoirs philosophiques, connus des compagnons, pour arriver au nec plus ultra de la maçon‑ côté descendant porte les noms des sept sciences :

 

 

Grammaire, Rhétorique, Logique, Arithmétique, Géomé­trie, Musique, Astronomie, qui sont incapables de produire une éducation complète, puisque 3 sciences si nécessaires à l'agriculture, à l'hygiène et aux arts, l'histoire naturelle, la Chimie et la physique, sciences parvenues à un si haut degré, n'y figurent point.

On a beaucoup discuté pour savoir le motif qui a fait placer l'astronomie au bas de l'échelle, tandis que sa place la plus rationnelle semble devoir être au sommet du triangle : ne serait-ce point parce qu'en Egypte l'observatoire astronomique était placé dans les souterrains. On sait que les pyramides sont orientées, et que du fond du puits dont l'ouverture est dirigée vers le nord, on voyait l'étoile polaire, et qu'il faut aujourd'hui, dit‑on, remonter le puits à moitié pour la découvrir. L'ancien proverbe, la vérité sortit du fond d'un puits, pourrait bien, dans cette hypothèse, se rapporter à l'astronomie qui était le dernier degré de l'étude, après laquelle toute la vérité était connue.

 

 

 

TUILEUR

 

 

ORDRE. Le Kadosch étant le couronnement du Rose­ Croix, les 2 grades ont le même ordre, celui de bon pasteur

 

GLAIVE. Nous n'avons pas de glaive, notre seule arme est la parole.

 

SIGNE. Porter sur la bouche les trois premiers doigts de la main droite et la retirer en demi-cercle, comme pour Saluer. Il signifie que c'est avec la parole que nous devons opérer.

 

PAROLES. Vérité1. Réponse : Humanité; elles se disent en donnant l'attouchement.

 

ATTOUCHEMENT. Se prendre mutuellement les 3 premiers doigts de la main droite; le 1er F.°., pressant légèrement les doigts de l'autre, dit, à l'oreille : VÉRITÉ ; le 2è F.°. répond par une même pression, en disant HUMANITÉ 

 

 

MOT DE PASSE : Na‑tu‑re ; on le syllabise, en tenant la main droite sur l'épaule de l'adversaire, les deux mains gauches réunies.

 

AGE. Je ne compte plus. (L'ouvrage étant fini.)

 

MARCHE. Étant à l'ordre, faire 3 pas précipités. (lis indiquent l'empressement qu'on doit mettre à faire le bien et à corriger les abus.)

 

BATTERIE. Neuf coups : oo+i . Le 8 couché désigne la chaîne sans fin qui lie les maçons des deux hémisphères; le chiffre un détaché indique l'unité de vue.

 

CORDON. Point : un sage doit savoir se passer d'un décor inutile.

 

TABLIER. Point, l'ouvrage étant censé fini.

 

BIJOU DU CHEV.'. Un petit aigle à 2 têtes, blanche et noire, ailes déployées, tenant dans ses serres l'épée de la science.

 

BIJOU Du KAD.°. PHILOS.°.. Un soleil d'or à rayon d'argent, brodé ou de métal, porté sur le sein gauche.

 

HABILLEMENT. Tenue de ville, habit noir et gants blancs.

Nous gravons des balustres avec le burin.

DATES. Si nous datons nos balustres de l'an de la vr.°. lum.0., c’est-à-dire de la création du monde, nous figurons, à la manière des élus de la vérité, cinq zéros : 00000 (inconnu), qui signifie date inconnue. Si nous datons de l'an de la Lumière nous ajoutons 4000 au millésime cou­rant, à partir du 1er mars.

Notre étendard est blanc, à franges d'or, on brode au milieu, entre les lettres K.°.S.°., un globe ailé dont les ailes sont vertes3.

 

1 La VÉRITÉ est la conformité de l'idée avec son objet, d'un récit avec le fait, d'un discours avec la pensée. Elle est l'opposé de mensonge, d'erreur, de flatterie. La vérité est ce qui est (Bossuet). Ainsi l'homme est capable de connaître la vérité, parce qu'il peut concevoir ou découvrir ce qui est. La vérité n'est que la conformité de nos jugements avec les faits et la nature des choses. Elle est l'objet et le terme de l'intelligence qui ne se développe que par la connaissance de ce qui est. On évite les embarras du mensonge en disent la vérité. Le meilleur livré est celui qui renferme le plus de vérités.

VÊRITÉS signifie choses véritables. Les vérités que l'on aime le moins à entendre sont celles qu'il importe le plus de savoir (Boiste).

On doit faire connaître aux hommes toutes les vérités qui leur sont utiles, et l'on doit leur taire celles qui peuvent troubler leur conscience, alarmer leur foi, altérer leur repos.

2 L'HUMANITE ( en latin humanitas d’humus, terre), c'est le genre humain, c'est tous les hommes vivants et à naître et même ceux qui ne sont plus. Elle distingue l'homme de l'animal et le classe dans l'ordre des êtres. C'est la famille humaine considérée collectivement par rapport à sa nature, sa fonction, son but et sa destinée. Tout le bien qui a été fait dans le cours des âgés, a été fait pour l'humanité. Tout ce qui a été vil, injuste, tyrannique, à été fait contre elle. Le but de l'existence présente, comme celui de la maçonnerie, est l'éducation de l'humanité ; elle est perfectible, et doit progresser sans cesse sur tous les points du globe.

L'humanité, prise comme sentiment, est presque un synonyme de pitié, sentiment qui nous associe aux souffrances des autres êtres sensibles, même des animaux. C'est par la douleur que ceux-ci ressemblent peut-être le plus à l'homme (a), quand la bête gémit; il semble qu'il y a en elle quelque chose de plus touchant, de plus capable de nous pénétrer. La faculté sympathique la tendresse expansive, l'instinct secourable, n'est pas cependant l'apanage des animaux ; ils paraissent en être dépourvus on faiblement dotés. Leur sensibilité se borne à leurs propres souffrances ; ils ne connaissent que l'attendrissement, et ils sont plutôt effrayés que touchés des cris d'un blessé. On les voit souvent, au contraire, jouir des palpitations de leurs victimes, et éprouver ces sentiments atroces qui constituent la férocité. C'est pour cela que la pitié, la compassion, s'appellent humanité; elle est le signe particulier de l'homme. Plus il est bon, sensible, doux, aiment, bienfaisant, plus il est lui-même, plus il se rapproche de sa vraie nature, plus il est dans sa véritable voie (Buchet-cublize).

a)      La douleur, considérée sous un point de vue particulier, pourrait être regardée comme nu des premiers instructeurs der, enfants ou de l'homme inexpérimenté; en effet, continent sauraient-ils sans elle, que le feu brûle, que les épines piquent, et que les maux font souffrir? Quelquefois, on petit y suppléer par un touché exercé, ce premier si précieux des cinq sens dont nous portons le nombre à huit, ajoutant :

Le sens cérébral, siége merveilleux de l'intelligence, de l'imagination, de la mémoire.

Le sens cordial, foyer puissant des grandes aspirations, des amitiés, des dévouements.

Et le sens sexuel qui donne à l'homme la divine faculté d'éterniser la création de sa race.

Ainsi, avoir de l'humanité, c'est connaître et pratiquer ce que tout homme doit à tous les êtres de son espèce, n'importe, son sang, sa nation, en couleur.

L'humanité, fondée sur l'équité, sur la raison, condamne ces antipathies ­nationales, ces haines de religions et de corporations, ces préjugés odieux qui ferment le cœur de l'homme à ses semblables. Elle condamne cette affection restreinte qui ne se porte que sur des personnes connues. Elle proscrit cette affection exclusive pour lès citoyens d'une même nation, pour les membres d'un même corps, pour les adhérents d'une même secte. L'homme vraiment humain s'intéresse au bonheur et au malheur de tout homme, son semblable.

Le sentiment d'humanité, étendu au genre humain, n'exclut point la préférence qu'on doit avoir pour ses parents, pour ses amis, pour ses concitoyens, il veut seulement que, loin de repousser l'être qui réclame notre assistance, nous le secourions, protégions et que nous remplissions ainsi un devoir moral, agréable à Dieu et aux hommes. Le mépris pour la misère, la pauvreté, la faiblesse, est un outrage à l'espèce humaine, à l'humanité

HUMANITÉS. On appelle un cours d'études de belles-lettres Humanité sans doute parce que, sans elles, on n'est homme qu'à demi (Boiste).

LA NATURE (du lat. natura, qui fait naître) comprend tout l'univers, tous les êtres vivants, l'ordre qui les régit, leurs qualités, leurs rapports

Entre eux, les lois d'après lesquelles ils naissent ou peuvent naître, croissent, subsistent, se reproduisent, décroissent et périssent.

 Elle contient aussi les causes de toutes les possibilités. La nature est le Premier ministre de Dieu, avec lequel on la confond souvent. «  L'état de nature de l'homme serait la barbarie, son état naturel est la société, comme celui des abeilles, des castors (Boiste). »

La nature est immortelle et n'a point de but; si elle en avait un, elle aurait une fin.

 

Le G.°.M.°. : Mon F.°., en examinant les anciens mots qui expriment ouvertement la vengeance, puis les signes et attouchement si menaçants et que le poignard accompagne, on ne conçoit pas une si étrange durée : les conserver plus longtemps, ce serait rendre la maçonnerie de nos pères complice, dans un but qu'elle n'a jamais eu, car le Kadosch n'est devenu un grade maçonnique que depuis sa transformation, et l'abandon des symboles templiers.

En 1816, quand les grades d'élu étaient encore pratiqués , le fondateur des Trinosophes donnait de leurs symboles cette interprétation philosophique :

« Le serpent, disait-il, désigne le mauvais principe ou le mal : Ses trois têtes sont l'emblème des abus qui s'introduisent dans les trois hautes classes sociales : la tête qui portait une couronne indiquait les souverains, celle qui portait une tiare ou une clé désignait les papes, et celle qui tenait une épée, l'armée. L'initié qui occupait  des fonctions civiles, devait donc veiller, dans l'intérêt de sa patrie et de la philosophie, à la répression de ces abus.

«  Le poignard, qui effraie les ignorants, n'était point cette arme vile qu'ils supposaient, c'était le poignard mithriagne, la faulx de Saturne, rappelant l'empire dominant du bien et du mal, symbolisés par le manche qui est blanc et par la laine qui est noire. Au moral, cet attribut indique aux grands élus qu'ils doivent, sans cesse, travailler à combattre et à détruire les pré­jugés, l'ignorance et la superstition.

«  Le 1er  cri de vengeance s'échappe dans le grade d'élu, il se retrouve dans le 29è degré et se répète dans le dernier Kadosch. Cette vengeance, qui avait son but dans la pratique délaissée du régime templier, étant, depuis 1793, devenue sans objet, a été assimilée à la vengeance qu'Orus fils du Soleil, exerça sur les meurtriers de son père, à celle de Jupiter contre Saturne, etc.

     «  Ce permanent système de vengeance remonte aux temps les plus reculés(1). On en trouve l'interpréta‑ tion dans les opérations de la nature, qui présentent » une suite de combats et de réactions entre le principe » générateur et le principe destructeur, état de désordre, » de confusion et de ténèbres que les anciens appelaient » Chaos. état qui précède le développement et l'appari‑ tion du germe régénérateur.

 

Regardé comme l'aurore des siècles, comme le précurseur de la formation du monde, ce chaos n'était, pour les sages de l'antiquité, qu'une induction qu'ils tiraient de la génération des êtres. Afin de vous rendre plus sensible la justesse de leurs

allégories, choisissons, pour exemple, parmi tous les corps de la nature, le grain de blé. Ce corps est, tout-à la fois, cause et résultat; car, produit d'un grain semblable à lui, il doit, à son tour, en produire d'autres.

Il sera donc allégoriquement considéré, tantôt comme père, tantôt comme fils, de là l'identité parfaite d'Orus et d'Osiris. Ce grain renferme en lui la semence, nouvelle identité; il est déposé dans le sein de la terre. La terre, qui fut sa mère, devient sa femme, puisqu'ils accomplissent ensemble l'acte de la génération. On voit avec quelle facilité s'explique les allégories des anciens.

Les deux puissances génératrices ne sont pas plutôt en contact, que le grain enfle et s'amollit. Bientôt il fermente, noircit et se décompose (1er point de la Maîtrise). Les éléments qui le constituent sont dans un véritable état de guerre, dont il faut que le germe ou le principe générateur sorte victorieux ou succombe; de là cette devise qui orne le cordon d'élu : Vincere aut mori (vaincre ou mourir).

Un combat terrible s'engage donc entre la vie et la mort, celle‑ci triomphe; toute agrégation est rompue ; le grain tombe en décomposition (consumatun est). Il n'y a point ici de putréfaction : le grain mis en terre, l'enveloppe du germe s'amollit pour couler dans ses canaux et le délivrer de sa prison.

La destruction du corps est symbolisée par la faulx de Saturne; le bijou d'élu n'en est que l'allégorie. C'est cette destruction qui a fait dire que l'époux de Rhée dévorait ses enfants; le seul Jupiter (le germe fécondant) échappe à la mort. Et comme la dissolution des mixtes rompt leur agrégation, absorbe leurs principes constitutifs, anéantit, pour ainsi dire, leur faculté génératrice, on a supposé que Saturne avait privé son père des organes de la génération ; il reçoit ensuite de son fils Jupiter, le même traitement, ce qui signifie que le chaleur vivifiante se dégage du cloaque de la décomposition, l'absorbe, s'en alimente, et donne bientôt la vie à un nouvel être.

et être est le germe que son étroite enveloppe dérobait aux yeux et semblait condamner à une prison perpétuelle; il se dégage, s'élance, percé le sein de la terre; il paraît, et sa naissance coûte la vie à son père (2ème point de la Maîtrise).

 

Tel est le phénomène important, le mystère ineffable, vraie clé de la nature, qu'avaient su pénétrer les anciens sages, et dont ils firent un des fondements de leur doctrine et le sujet de leurs légendes sacrées. Cette prédilection de leur part fut bien naturelle. En effet, tout, dans l'univers, n'est-il pas soumis aux lois qui viennent d'être exposées? Tout ne retrace-t-il pas la lutte éternelle des deux grands agents de la nature, et leurs victoires alternatives ? On ne saurait trop le répéter, la vie et la mort se partagent le monde; toutes deux en sont le terme; l'une ne petit exister sans l'autre, et toutes deux émanent d'une seule et même puissance.

 

D'après cet exposé, il est évident que les atrocités qui peuvent révolter dans Saturne, dieu du temps, dans Phèdre incestueuse, etc., ne sont que des énigmes intéressantes qui contiennent des faits dignes de nous avoir été transmis, et dans lesquelles il serait facile de démontrer que l'agriculture, cette base des richesses et des empires, dont la connaissance était plus particulièrement dévelop­pée aux mystères de Cérès, a, dans la maçonnerie, des allégories   qui lui sont propres. Cicéron n'a‑t‑il pas dit : « Un sens physique, intéressant, est renfermé dans des fables en apparence impies. » (De Nat. Deor. II 24)

Les adeptes des anciens mystères, accoutumés aux leçons d'une morale pure, et les initiés aux hautes sciences, devaient facilement pénétrer le sens des symboles offerts à leurs méditations; ainsi, lorsqu'ils étaient élus pour venger le meurtre d'Osiris, premier bienfaiteur de l'Égypte, il devait leur être facile de deviner ce qu'étaient Typhon et ses complices.

En effet qu'était Osiris ? L'auteur du bien et de l'ordre parmi les hommes. Qui tue Osiris? Toutes les passions humaines la mauvaise foi du cultivateur, la fraude du négociant, l'insubordination du soldat, l'ambition de ses chefs, l'iniquité des magistrats, l'orgueil des philosophes, l'impureté du sacerdoce, l'impiété des enfants, la dureté des pères, l'infidélité des époux, le relâchement des initiés et l'ignorance de tous. Tels étaient les ennemis qu'il fallait combattre et vaincre pour venger Osiris (Boulage, myst. d'Isis).

 

Votre titre de Chevalier de l'aigle blanc et noir exige que je vous en fasse connaître la signification.

Dans tous les temps, l'aigle a été l'emblème de la force, de la majesté et de la puissance. C'est à ce titre qu'il figure encore dans les symboles des peuples et des souverains. En langage hiéroglyphique, il désignait les villes d'Héliopolis, d'Emèse, d'Antioche et de Tyr. Déjà, du temps de Cyrus, il figurait sur les étendards des Perses. Ce fut sous le second consulat de Marius que l'aigle eut le privilège exclusif de guider les légions romaines à la victoire.

L'aigle à deux tètes n'apparut qu'à là fin du Bas-Empire. Cet emblème servait, sous les derniers empereurs de Constantinople, à indiquer leur double domination en Orient et en Occident. Les empereurs d'Allemagne s'emparèrent de ce symbole; de là il passa à la maison d'Autriche. Vers 1 475 , le tzar de Russie adopta également l'aigle à deux têtes de l'empire d'Orient qui venait de s'écrouler.

Dans le grade de Kadosch, cet emblème désigne la domination ­maçonnique dans les deux hémisphères, dont un est dans l'obscurité pendant que l'autre est éclairé (1).

 

 

(1) Aux yeux des naturalistes modernes, cet oiseau, mieux observé, à perdu son prestige : ci L'aigle se distingue des autres oiseaux par sa voracité et sa férocité. Sont-celà les qualités qui lui ont valu cette réputation merveilleuse dont les peuples encore dans l'enfance et l'imagination des poètes l'ont si généreusement doté ? Oui, sans doute. Les hommes qui alors se laissaient follement séduire par le spectacle de la force écrasant la faiblesse, mirent au premier rang les animaux qui, dans le cercle de leur action, semblaient exercer le rôle des héros. L'aigle et le lion furent salués rois : L’imagination les fit sublimes de puissance et de générosité magnanimes et tempérants, trop grands pour s'abaisser à la colère. A force de fictions, l'aigle eut une place dans le ciel. Il se trouva le commensal du maître des dieux, le gardien de sa foudre et son messager fidèle. Bientôt l'image de l'oiseau de Jupiter conduisit au combat les plus vaillantes nations des temps antiques, et prit la première place sur les plus nobles écussons. La science a détruit toutes ces créations poétiques et son froid Scapel a fait descendre l'aigle de son piédestal nuageux. Elle a espionné ses habitudes dans nos ménageries, et elle l'a surpris parfois en flagrant délit de férocité : elle a vu que ce bec puissant et ces serres robustes n'étaient redoutables qu'aux animaux sans défense, comme la légère et frêle gazelle, le faon de la montagne, ou la tremblante colombe. " (J.‑B. Barbier).

 

 

            Le G.°.M.°. : Mon F.‑., vous allez vous faire reconnaître par les FF.°. G.°. Sur.°.,G.°. M.°. des C.‑., présentez-leur le Chev.°. .N….

 

Cette reconnaissance étant terminée, le 1er G.°. Surv.°. dit :

            G.°.M.°. les signes, les mots et l’attouchement sont justes.

 

Le G.°.M.°. : « FF.°. 1er et 2è GG.°. Surv.°., annoncez à vos RR.°. Chev.°. qu'ils aient à reconnaître, à l'avenir, le très-cher frère N..., pour Kadosch, parfait Initié, grand Elus chevalier de l'Aigle blanc et noir et membre de notre aréopage;

Invitez-les à se joindre à vous et à moi pour applaudir à cette réception.

     

                Les surv.‑. répètent et le 1er  Surv.°., informe le G.°.M.°. que c'est annoncé.

 

Le G.°.M.°. ; « Debout et à l'ordre !

A moi, Chev.°.. par le signe.... par la batterie...suivie du Vivat! vivat! semper vivat ! Mes FF.‑., asseyez vous. »

 

ALLOCUTION.

 

Réintégré aujourd'hui dans vos pouvoirs naturels, éclairé sur vos droits instruits de vos devoirs. vous voilà pour toujours affranchi des préjugés et de toute crainte imaginaire et superstitieuse; appliquez-vous à en délivrer vos semblables. Il n'est point de vertus si l'on ne se rend utile, et le savoir n'est donné que pour agir. Vivez dans la société sans vous laisser corrompre par elle. L'homme a besoin de l'homme; oui, mon F.°., l'homme cherche l'homme et ne le trouve qu'en Loge. Le moraliste solitaire peut connaître l'homme et non les hommes. Étudiez-vous dans les autres et les autres dans vous-même, car on n'apprend bien l'homme qu'en soi-même. Et souvenez-vous bien qu'il n'est point de bonheur sans humanité; l'égoïste est un monstre insociable: Consacrez vos travaux au bien de votre pays, de votre famille, de tous les humains quels qu'ils soient, et vous aurez bien mérité de la maçonnerie.

    

           F.°.G.°. M.°. des C.°., conduisez le Chev.°. N... à l'Orient.

 

F.°.G.°.Or.°. vous avez la parole pour répondre discours de réception du Chev.‑. N...

 

 

attention, mes FF.°. !

Le G.°.M.°. fait applaudir à ce discours, dont il ordonne le dépôt aux archives. L'orateur remercie. On couvre son applaudissement.

FF.°. GG.°. 1er et 2è Surv.°., veuillez informer les Chev.°. de vos Col.°. qui auraient des observations à faire pour le bien de l'ordre ou de l'aréopage, que la parole leur sera accordée.

 

                Le 1er Surv.°. informe le G.°. M.°. qu'il n’y a aucune observation

 

            Alors le G.°.M.°. fait annoncer que le sac des propositions et le tronc de bienfaisance vont circuler.

 L'annonce faite, il dit :

FF.°.GG.°.MM.°. des CC.°., présentez aux Chev.‑. le sac des propositions, et vous, F.°. G.°. Aumônier, le tronc des pauvres

 

           Cet ordre s'exécute et le 1er G.°. Surv.°. instruit le G.°.M.°.     que les FF.°. M.°. des C.°. et Aum.°.

sont entre les 2 col.°..

 

Le G.°.M.°. : Mes FF.°‑., avancez vers l'autel.

FF. et G.°. Or.°. et G.°. Secrét.°., venez assister au dépouillement.

                                                                                      

Le sac des propositions et le tronc de bienfaisance étant rendus sur l'autel et dépouillés, le G.°.M.°. en annonce le résultat, et remet à l' Aumônier le produit de la récolte que le F.°. Secret.°. inscrit sur son esquisse.

 

 

 

CLOTURE

 

 

 

Le G.°.M.°. : F.°. 1er G.°.‑Surv.°. : Quel âge avez-vous?

R.        je ne compte plus.

 

FF.°. GG.°. 1er et 2è Surv.°., prévenez les Chev.°. de vos Col.‑. que je vais fermer l'aréopage.

 

L'annonce faite, le 1er Surv.°. en instruit le G.°.M.°.

 

G.°.M.°.. Debout et à l'ordre

A moi, Chev. par le signe..., par les batteries... Vivant! vivant 1 semper vivant 1

 

II.°. Chev.°., jurons de ne rien révéler de ce qui s'est passé dans cette séance, et jurons de propager nos principes.

 

Chaque Chev.°. dit : Je le jure!

 

Le G.°.%.°. : : L'aréopage est fermé. Sortons en, paix.

 

TUILEUR DU DERNIER KADOSCH (abandonné).

 

ORDRE. L'épée droite dans la main gauche, la main droite ouverte sur le Cœur.

 

SIGNE Étant à l'ordre, laisser tomber la main droite sur la cuisse, fléchir le genou, et, se relevant, saisir le poignard suspendu à l'écharpe, l'élever à la hauteur du front, ayant l'air de vouloir frapper, et dire : Nekam Adonaï ! Vengeance, seigneur!

 

PAROLE. Nekam Adonaï.

Rép. Pharasch-Chol ou Nekamah ‑ Bealim. B. Pharasch-chol.

 

MOT DE PASSE. Pour entrer au cons.‑. Nekam, R. Menahhem (consolator) ­Pour sortir, (Phagal‑chol ou Phaal‑chol (séparés)) (operatum est omne).

Rép. Pharasch‑chol. (réunis).

 

PAROLES DES CROISES. Evarechah eth Adonaï bechol-geth thamid theillatho Sephi.

 

ATTOUCHEMENT. Mettre la pointe du pied et du genou droit l’un contre l'autre, présenter le poing droit fermé le pouce levé qu'on se prend alternativement le laisser glisser en reculant d'un pas, le bras levé comme pour frapper d'un poignard ; le premier dit : Nekamab‑bealim (ultio preditorum !)

Rép. Pharasch‑chol (explicatum est omne).

 

AGE.Un siècle et plus ou je ne compte plus.

 

MARCHE.Trois pas précipités, les mains croisées sur la tête.

 

BATTERIE. 7 coups, 6 + 1 (se rapporte à l'échelle). Même nombre qu'au R.°. +.°. c'est une faute.

 

DROITS. Si l'on demandait à un K.°. S.°. quels sont ses droits ! il répondait : Mischtar (ministerium).

 

HEURES DE L’ASSEMBLEE ; On se réunit à l'entrée de la nuit ; on ferme l'aréopage au point du jour.

 

TABLIER. Point. L'ouvrage est censé fini (operatum est omne).

 

CORDON. Noir, porté de gauche à droite, on y brode la devise : Vincere aut mori et le chiffre 30 ; au bas, est attaché un poignard suspendu à une faveur rouge. ceux qui portent le cordon en sautoir remplacent le poignard par un aigle à deux tètes.

 

BIJOU. Un aigle à deux têtes, ou une croix teutonique à huit pointes.

Cette croix, adoptée par les Templiers appartenait à l'Ordre teutonique ou des Chevaliers teutoniques, fondé pendant le siège de Saint Jean d'Acre, pour recueillir les pauvres et les malades allemands (teutons), abandonnés en Palestine. Il fut confirmé par le pape Calixte III, en 1230. Cet ordre militaire et hospitalier joua un rôle assez important il fit la conquête de la Livonie et de la Courlande. Napoléon 1er le supprima par un décret du 24 avril 1809. Pourquoi donne-t-on le nom de croix à la décoration de la Légion d'honneur, qui a cinq branches, comme l'Étoile flamboyante ?

 

 



05/12/2011

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